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Au départ, il y a une
exposition à la Galerie Jeanne Bucher, il y a presque deux ans ; et un
catalogue dont les premiers tirages ont été ratés. Félix Rozen récupère ces
pages inutilisables. Et les photos abîmées de ses tableaux passés lui inspirent
de nouveaux tableaux. Il recouvre, gratte, peint ces images, et le temps fait
son œuvre...
Des dizaines de petits
formats aux noms évocateurs : « Venise », « London
calling », « New York »… Comme autant de confidences glissées à
nos oreilles, d’évocations murmurées. Des souvenirs enfouis, des mondes
affleurants. Juste proposés, avec délicatesse.
Et tout à coup, d’immenses
agrandissements, 12 de ces mêmes tableaux mis en lumière, exposés, étalés.
Couches et sous-couches, présent et passé, la photo nivelle tout, raconte une
autre histoire que le tableau dont elle est l’écho. Et se prépare à devenir à
son tour support pour un immense et nouveau tableau.
Félix Rozen y dévoile son
obsession de la mémoire effacée. Chaque tableau est comme la poupée russe d’un
souvenir ancien. Mais Félix Rozen va de l’avant et choisit de ne parler du
passé que pour mieux le cacher.
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Saturday 18 October 2008 At 22:45 |
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Friday 31 October 2008 At 19:07 Ce qui, personnellement, m’importe est ce qui, de la peinture, se montre dans l’expérience à laquelle nous convie cette singulière exposition. Chaque tableau, présenté avec d’autres de la même série, est exposé à côté de sa trace numérique. Traces, plutôt qu’images. Traces comme des pas dans la neige. Empreintes. Empreinte sous le poids de la chose qui la trace. Plus l’original est riche de matière picturale, plus l’empreinte s’étale ; à l’inverse quand le tableau est fait de couches légères et fluides, l’image agrandie en dévoile les subtils replis, les profondeurs. De quoi ces traces ? L’oeil enquête. D’une grande image revient au petit tableau, puis de là retourne à sa trace. Isole un détail et le cherche sur la petite peinture. L’agrandissement révèle ce que l’on ne voit pas immédiatement, n’aurait peut-être pas vu sans ce détour, la matière, le tracé dans son surgissement... Le va et vient d’un détail minuscule à sa trace serait un jeu sans fin si ne s’imposait qu’il y a là deux choses, deux êtres, la peinture et sa trace... L’œil se promène dans les grandes images. Comme une caméra, introduit le mouvement. C’est le tableau entier qui se montre tel qu’on ne l’avait jamais vu. Autre et le même pourtant. pareph@free.fr
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Friday 31 October 2008 At 23:41 je suis très touchée par votre commentaire : quelle précision, et quelle douce et ferme attention portés à cette exposition, et au-delà, au travail de Félix Rozen ; j'ai bien envie de le lui faire lire... merci ! ma curiosité est maintenant forte de savoir qui se cache derrière "sinenomine" ! |
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