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Un entretien exclusif avec Emmanuelle Mignon Ancien directeur des études de l’UMP. Directeur de cabinet du président de la République. Dans un entretien à NONFICTION.FR, Emmanuelle Mignon, ancien directeur des études de l’UMP, revient sur le travail intellectuel de Nicolas Sarkozy de 2002 à 2007. Elle décrit comment le "projet Sarkozy" est né, quelles ont été ses méthodes et ses équipes. Et les origines intellectuelles du sarkozysme. Entre Vincent Bolloré et Bernard Arnault, entre "Cécilia" et Carla Bruni, le "sarkozysme" est trop souvent analysé dans sa dimension médiatique ou "people". On évoque les succès de l’"ouverture", symbolisée par Bernard Kouchner et Martin Hirsch, on salue le nouveau président qui a le "sens de l’action", même si l’on critique, et souvent à juste titre, son manque de "sens de l’intérêt général". En revanche, une dimension essentielle du "sarkozysme" a jusqu’ici été peu analysée : son rapport aux idées, aux intellectuels et aux experts. Contre les visions parfois simplistes d’Alain Badiou, d'Emmanuel Todd, ou du "storytelling", qui ont tendance à le limiter à la manipulation des médias ou des histoires, au-delà de la vision partisane de François Hollande qui n'en fait qu’un "narcissisme", ou de celle de Benoît Hamon qui fustige le "syndrome du petit homme", il est important de revenir sur le travail intellectuel qui a été accompli par Nicolas Sarkozy – très en amont, dès 2002 – pour bâtir un projet. Ce projet fut le résultat d’un travail de grande ampleur, pendant cinq années, conduit par une équipe de plus de 250 intellectuels et experts réunis autour d’Emmanuelle Mignon. Pour la première fois, et en exclusivité pour NONFICTION.FR, l’ancien directeur des études de l’UMP, devenu en mai 2007 directeur de cabinet du président de la République, a accepté de décrire minutieusement les origines du projet sarkozyste, ses méthodes et ses équipes. C’est la première fois que Mme Mignon accepte de donner une interview sur son travail. Au passage, elle se démarque ouvertement d’Henri Guaino , précisant que, pour elle, le rôle d’un "conseiller est là pour servir, non pas pour se mettre en avant" et qu’elle ne prétend pas "être le gourou de Sarko". Du coup, cet entretien apporte une vision nouvelle du sarkozysme dont la dimension intellectuelle, le travail méthodique sur les idées et la construction d’un projet, ont été jusqu’à présent largement sous-estimés. En creux, cette description est aussi une critique sévère du travail que la gauche n’a pas su faire sur les idées depuis 2002.