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On parle beaucoup en France ces jours-ci à propos des “swine flu parties” (Slate.fr, Le Monde), ces réceptions qu’organisent outre-manche et outre-Atlantique des personnes infectées par le virus de la grippe A (H1N1) pour en faire profiter leur entourage. Elles se réfèrent à d’anciennes habitudes qu’avaient les mères de famille anglo-saxonnes, avant l’usage du vaccin, pour faire contracter la varicelle le plus tôt possible à leur progéniture pour en être débarrassés pour la vie. Elles organisaient alors des “chickenpox parties” autour d’un petit varicelleux, star du goûter. Les swine flu parties sont-elles comparables aux chickenpox parties ? Sont-elles seulement acceptables ? En entendant dire que le virus de cette pandémie du cru 2009 ne serait pas plus virulent que celui d’une grippe saisonnière, on peut comprendre que certains soient tentés par ces expériences mondano-infectieuses, redoutant que le virus ne mute et ne devienne plus virulent, ou tout simplement pour être immunisés naturellement contre lui avant l’automne prochain. N’est-ce pas oublier un peu rapidement que la grippe est une affaire collective. Tout d’abord, en provoquant des chaînes de transmission lors de ces rencontres infectieuses, l’on participe à une augmentation du taux de reproduction de l’épidémie et à la flambée du front épidémique au-delà de sa dynamique naturelle. Tant que ces parties sont rares, cet argument, qui semblera d’ordre moral, reproche à l’incivisme de ces pratiques, ne résonnera pas très fort dans les consciences déterminées à en découdre individuellement avec ce virus. Plus préoccupant, et il s’agit encore d’un argument d’ordre moral, mais qui vient flirter avec l’argument plus juridique, est la question des transmissions secondaires (ultérieures) à ces parties. Les personnes infectées lors des swine flu parties vont rentrer chez eux, rencontrer (possiblement) des femmes enceintes, des nourrissons, des gens malades d’autres maladies, des personnes âgées ou affaiblies ? Ou s’ils n’en rencontrent pas directement, ils vont à leur tour (probablement) contaminer des personnes au bureau ou dans leur entourage qui contamineront ces personnes vulnérables chez qui la grippe pourrait mal se passer. Ces personnes, elles, n’étaient pas volontaires pour participer à cette grande chaîne de l’échange du virus. Peut-être d’ailleurs, sans ces contaminations précoces, ces personnes auraient-elles pu bénéficier à l’automne d’un vaccin protecteur qui leur aurait été destiné en priorité ?