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Il est donc revenu le temps où qui veut se préparer au métier d'acteur se doit de quitter sa "hideuse province" pour tenter les deux seuls vrais concours dignes de foi, celui du Conservatoire national d'art dramatique et du Théâtre national de Strasbourg (TNS). A en croire Daniel Mesguich et Julie Brochen (Le Monde du 28 juillet), qui trouvent que les diplômes de comédien sont une "plaisanterie", je "sors du Conservatoire" ou je "sors du TNS" seraient donc les deux seules expressions tolérées pour des comédiennes et comédiens qui, sans doute, n'oseront plus jamais avouer, après avoir lu cette diatribe, qu'ils ont suivi des cours de haut niveau à Bordeaux, Cannes, Lille, Limoges, Lyon, Montpellier, Rennes ou Saint-Etienne. Et peu importe que ces enseignements prodigués en région l'aient été par Dominique Pitoiset, Jean-Pierre Vincent, Stuart Seide, Matthias Langhoff, Jacques Lassalle, Alain Françon, Bernard Sobel, Anatoli Vassiliev, Stanislas Nordey, Jean-Claude Berutti, Ariel Garcia-Valdès ou Philippe Delaigue. Deux écoles supérieures donc, et seulement deux. Faut-il craindre pour sa réputation et douter de sa force pour en arriver à une telle présomption ! Qui oserait remettre en cause l'enseignement de la science politique ailleurs qu'à "Sciences Po" ? Et qui ne verrait dans le même temps que, sans revendiquer une exception excluante, l'institution parisienne a maintenu son image au plus haut en dépit de l'excellence des cours prodigués à Grenoble ou à Bordeaux par exemple ? Leurs moyens, leur histoire et leur notoriété ne plaident-ils pas pour le Conservatoire national et pour le TNS, sans que leurs directeurs éprouvent le besoin de tirer à bout portant sur toutes les autres écoles ? Et vaut-il mieux laisser proliférer partout en France des formations théâtrales non professionnelles sous le prétexte que deux écoles suffisent à assurer l'excellence ?