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Lancé dans une belle unanimité en juin et confié au patronage éclairé de deux anciens Premiers ministres, le projet de grand emprunt tourne à la complète confusion. Sans préjuger du résultat final annoncé dans quelques jours, il est intéressant de revenir sur les trois causes principales de cet enlisement : une méthode imprécise, l'oubli de quelques principes, une insuffisante prise en compte des caractéristiques de l'innovation.Une méthode brouillonne qui aiguise les appétits des lobbys La méthode pour commencer : en remettant à plus tard les décisions portant sur le public visé par l'emprunt, son montant, son architecture, le gouvernement ouvrait la porte à toutes les revendications sectorielles et instrumentalisations politiques. On n'a pas été déçu ! Face au slogan noir et blanc d'« ardente obligation nationale » brandi par Bertrand et Besson, un PS transformé en inflexible gardien des finances publiques dénonce un endettement accru, rejoignant Jean-François Copé, pour qui il faut d'abord réduire les déficits et ne choisir l'emprunt qu'en dernier ressort ! Parallèlement, tous les lobbys industriels sont montés au créneau avec leur projet d'investissement clé en main : infrastructure très haut débit et réseau logistique pour le Medef, avion « vert » pour l'aéronautique, télésanté, réseau électrique, très haut débit et route intelligente pour les industries électriques et électroniques… La liste est trop longue pour être détaillée. Chacun craint de ne pas être invité à partager le gâteau final, comme les biotechnologies végétales affirmant hier leur désir de ne pas être oubliées… Des malentendus sur les objectifs d'un tel emprunt On le sait, l'Etat emprunte en permanence sur les marchés pour équilibrer son budget mais ce dernier reste néanmoins principalement financé par l'impôt (les recettes fiscales couvrent 76% des dépenses hors dette en 2009).