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Elle n'enchante pas seulement «son» mari. Elle chante. Toujours. Mieux que jamais, mieux que dans son précédent album, nous assure Le Figaro - et en Une couleur ! - «Carla Bruni a atteint la maturité dans son prochain disque - écouté en exclusivité - une belle maturité», assure même le quotidien sarkozyste conservateur qui se fait l'agent actif de cette publicité très avancée (l'album sort le 21 juillet) et qui nous conjure de ne pas l'entendre avec des oreilles politiques. Il faudrait nous laisser prendre «par son écriture musicale et poétique». Nous devrions - Le Figaro nous le recommande ! - nous laisser bercer par ces mélodies et ces proclamations d'artiste libre qui revendique d'être «une enfant avec ses 40 ans et ses 30 amants». Nous devrions l'écouter avec bonheur, sentir sa passion pour le chef d'Etat de son cœur, avec ses mots qui sentent sa poudre : «c'est ma came, plus mortelle que l'héroïne afghane, plus dangereuse que la blanche colombienne». Au moins on ne pourra pas dire que l'ange blanc aura tout abdiqué de son identité de diable chanteresse. Sous ses airs de poupée de porcelaine fragile, elle préserve obstinément sa singularité artistique et rebelle, ses marges de liberté. Carla Bruni n'aurait pas disparu sous Sarkozy. Mais jusqu'où l'artiste pourra-t-elle sauvegarder cette part créatrice ombrageuse, batifolante, musardière voire anarchiste qui a fait sa marque et son talent précédemment ? Carla Sarkozy ne s'appartient plus totalement. Il s'en faut. Elle est aussi - elle est d'abord ? - la Première Dame de France. «La présidente». L'épouse du président plus exactement, celle dont le statut n'existe pas mais qui correspond dans la tête des Français à une exigence impérieuse, à une histoire.