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La politique patrimoniale de la France longtemps de tradition régalienne n’est plus adaptée à la décentralisation ni à l’actuelle austérité financière de l’Etat. De nouvelles exigences s’ajoutent aux anciennes et rendent le système en place particulièrement confus. Les gestions de l’aménagement du territoire et du patrimoine ne sont pas coordonnées, et les politiques du patrimoine et de l’environnement dépendent de deux ministères différents. Le mouvement écologique partage avec celui du patrimoine le souci de la qualité du monde que nous allons transmettre aux futures générations. Nous ne pouvons admettre le décalage qui se creuse entre nos centres historiques surprotégés et des zones périurbaines qui semblent abandonnées à une urbanisation anarchique et d’une qualité architecturale standardisée et médiocre. Il ne s’agit pas de tout protéger : la protection doit rester une valeur. Mais un développement économique, qui ne se préoccupe pas de la qualité esthétique et culturelle du cadre de vie, va à l’encontre des principes du développement durable. Lorsque l’on considère en même temps l’insuffisance des financements accordés à la conservation des monuments, la disparition progressive de l’artisanat qualifié pour leur entretien, et l’isolement dans lequel sont placés les propriétaires privés qui possèdent pourtant la moitié des monuments protégés, c’est un véritable danger qui pèse aujourd’hui sur la diversité culturelle de notre territoire, pourtant source d’importantes retombées touristiques. Afin de réfléchir aux nouveaux enjeux qui attendent le monde du patrimoine, l’association des Vieilles Maisons Françaises a mené une vaste enquête d’opinion auprès du public et des acteurs du patrimoine dans toute la France et organisé un colloque international à l’Unesco le 17 juin sur le thème du patrimoine et du développement durable. A l’issue de ces travaux qui ont révélé l’attachement des Français à leur patrimoine le plus proche et la profonde inquiétude des responsables sur le terrain, les VMF souhaitent, par 15 propositions, contribuer à la définition d’une politique innovante du patrimoine, globale et ambitieuse.