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Inferno, d’après Dante, ms de Romeo Castellucci, cour d’honneur du palais des Papes. A 22h. Jusqu’au 12 . Relâche le 9. Le metteur en scène s’avance au centre du plateau : «Je m’appelle Romeo Castellucci.» Ce seront les premiers, et presque seuls, mots du spectacle. Pourquoi dit-il son nom ? Certains songeront non pas aux premières lignes de la Divine Comédie, mais à Moby Dick : «Disons que je m’appelle Ishmaël.» La phrase complète, on ne l’entend pas mais on la comprend : «Je m’appelle Romeo Castellucci et c’est moi qui ai peur.» Sur le devant de la scène, des maîtres-chiens ont amené leurs animaux d’attaque, qui se ruent en aboyant sur le metteur en scène. Même protégé par un uniforme d’exercice, on suppose qu’il n’est pas à cet instant sur un lit de roses. Catharsis. Cela pourrait être le point de départ d’une traversée des horreurs jouant sur les nerfs des spectateurs. C’est l’inverse. Catharsis, ou transfert de l’émotion collective, la scène des chiens lève l’ambiguïté : c’est l’artiste qui prend les risques. Où est l’Enfer selon Castellucci ? Ici, maintenant, dans les murs du palais des Papes. Dans les cohortes de touristes qui le visitent, écouteur collé à l’oreille (ils déambulent sur le plateau tandis que les spectateurs prennent place dans la cour d’honneur), mais aussi, dans les moindres recoins des vieilles pierres, qui s’illuminent de reflets fantastiques, comme si l’espace d’un soir elles réfléchissaient leur mémoire.